Sommaire
1. Historique
La France, fidèle à sa relation historique avec l'Afrique, oeuvre à y développer un partenariat d'égal à égal, plus ouvert à l'ensemble du continent, soutenu par les Nations Unies, l' Union Africaine et l'Union Européenne.
Pour répondre à la volonté légitime et de plus en plus affirmée des pays africains de gérer eux-mêmes les problèmes de sécurité sur leur continent, la France conçoit et propose un concept de REnforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix (« RECAMP ») dans le milieu des années 90.
- 1997 : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France reconnaissent la nécessité de coordonner leurs programmes de coopération militaire en Afrique afin d'optimiser leurs actions (initiative P3).
- 1998 : le concept RECAMP est présenté au cours du sommet franco-africain du Louvre.
- 1996 - 1998 : Cycle RECAMP 1 - Exercice « GUIDIMAKHA », CEDEAO, 4 pays africains, 4 non africains
- 1998 - 2000 : Cycle RECAMP 2 - Exercice « GABON 2000 », CEEAC, 8 pays africains, 8 non africains
- 2000 - 2002 : Cycle RECAMP 3 - Exercice « TANZANITE », SADC, 16 pays africains, 12 non africains
- 2003 : le concept RECAMP fait l'objet, en France, d'une réflexion destinée à renforcer son efficacité ; il est présenté à l'UE.
- 2002 - 2004 : Cycle RECAMP 4 - Exercice « BENIN 2004 », CEDEAO, 13 pays africains, 14 non africains.
2. Concept
En adéquation avec les besoins exprimés par les pays africains en matière de maintien de la paix et en pleine cohérence avec l 'action des Nations Unies, de l 'Union européenne, du G8 et de l 'Union africaine, le concept RECAMP vise à contribuer au renforcement des capacités militaires des pays africains afin de leur permettre, s 'ils le désirent, de concevoir et de mener des opérations de paix sur leur continent.
RECAMP contribue également au développement et au renforcement du rôle des organisations sous-régionales africaines en matière de sécurité dans un climat de confiance mutuelle.
Il s'appuie sur les principes suivants :
- Légitimité internationale, en plein accord avec les objectifs de la charte des Nations Unies;
- Partenariat, les décisions politiques étant prises en coopération avec les Africains;
- Ouverture à l 'ensemble de l 'Afrique et à tout pays ou organisation souhaitant s'y associer;
- Complémentarité avec les coopérations bilatérales, les actions des sous-régions et celles de nos partenaires, en particulier européens;
- Volontariat, chaque État restant libre de la nature et du rythme de sa contribution;
- Cohérence entre acteurs civils et militaires;
- Évolution du concept qui vise à répondre au plus près aux caractéristiques actuelles des opérations de paix et de l'environnement international (renforcement des organisations sous-régionales et de la politique de l'Union Européenne notamment).
3. Un programme cohérent
Le programme RECAMP s'inscrit parfaitement dans l'appropriation par l'Afrique de ses problèmes de sécurité, et présente l'intérêt de faire travailler ensemble des dirigeants tant civils que militaires, des officiers d'état-major et des contingents venus de toutes les régions de l'Afrique.
Le programme s'articule autour de trois volets qui couvrent les domaines de la coopération, de l'entraînement et de l'engagement.
31. Coopération.
La coopération technique de RECAMP s'applique aux niveaux politique, politico-militaire et militaire. Elle vise à participer à la mise en place des outils et des capacités de prévention et de gestion des crises africaines au sein des organisations sous-régionales, en liaison avec le département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DOMP) et avec l'Union Européenne dont l 'implication tend à croître. Au niveau politique, la coopération a pour objet de :
- Renforcer les institutions politiques sous-régionales pour développer la gouvernance régionale à laquelle l 'Union Européenne peut apporter son expérience ;
- Appuyer la mise en place d 'outils de défense chargés pour la sous-région de la veille stratégique et de la coordination avec les pays membres, en liaison avec les organisations internationales (UA, ONU, UE) ;
- Participer à la formation des fonctionnaires militaires et civils des organisations sous-régionales avec des programmes de coopération européens ou nationaux.
Dans le domaine du commandement des opérations, il s'agit de :
- Renforcer la capacité à mettre sur pied des états-majors de niveaux stratégique, pour commander une opération, et opératif, pour commander une force sur un théâtre d 'opération ;
- Aider à la mise en place de procédures et de langues de travail permettant de fonctionner en multinational ;
- Participer à la formation des officiers d 'état-major.
Dans les forces armées, la coopération vise à :
- Former les cadres au maintien de la paix au sein d 'écoles militaires en Afrique ou en Europe ;
- Contribuer à l 'établissement d 'une culture du dialogue en multipliant les formations militaires à un niveau régional (comme les ENVR, écoles à vocation régionale) ;
- Constituer une référence et un outil de synergie pour les différents programmes de coopération bilatérale.
32. Entraînement.
Co-organisé par un ou plusieurs pays africains et la France, exécuté au niveau sous-régional et associant de nombreux partenaires internationaux, l'entraînement vise en priorité d'une part la prise de décision et la planification aux niveaux stratégique et opératif et d'autre part l 'interopérabilité des forces. Il s'organise sur un cycle de deux ans autour d'un exercice majeur.
Cet exercice majeur est organisé tous les 2 ans au sein d 'une
des organisations sous-régionales (CEDEAO, CEEAC, IGAD, SADC).
Le thème retenu en commun traite de la gestion d'une crise au
niveau sous-régional.
Des cycles intermédiaires sont organisés dans les
autres sous-régions par les forces françaises
pré-positionnées qui entretiennent ainsi un lien
permanent avec les organisations sous-régionales et les pays
de leur environnement.
Des exercices hors cycle, à l 'initiative de pays africains
ou non africains, peuvent bénéficier du soutien de
RECAMP dans la mesure où ils visent à renforcer les
capacités africaines de maintien de la paix.
33. Engagement.
En cas de crise, une organisation sous-régionale peut décider d'engager une force interafricaine autorisée par l 'ONU et en accord avec l 'UA. RECAMP offre alors son expertise, ses capacités, voire ses équipements, pour mettre sur pied et soutenir une partie de la force, en coopération avec d 'autres partenaires non africains.
RECAMP a ainsi déjà été mis en application à plusieurs reprises, et continue de l 'être :
- Mise sur pied, équipement et soutien logistique de la MISAB (1997) en République Centrafricaine, composée de 6 contingents (Tchad, Gabon, Mali, BurkinaFaso, Sénégal et Togo).
- En 1998, la MINURCA se substitue à elle, suite au vote de la résolution 1159 des Nations unies.
- Mise sur pied et soutien logistique d 'un bataillon multinational (Bénin, Gambie, Niger et Togo) lors de l'opération « RECAMP Bissau » en Guinée Bissau (1999).
- Contribution à la mise sur pied de la MONUC (2000-2001) : - formation et équipement du contingent sénégalais, - participation à l'équipement du contingent marocain.
- Depuis 2003, la FOMUC poursuit l'action internationale en faveur de la paix en République Centrafricaine.
- Fin septembre 2002 : MICECI (Bénin, Ghana, Niger, Sénégal, Togo), les états membres de la communauté des états d 'Afrique de l'ouest (CEDEAO) décident d 'envoyer une force de paix en Côte d'Ivoire, la « MICECI », chargée de faciliter l'application des accords de Marcoussis. - Une coordination est en outre assurée depuis le début de l 'opération avec d'autres partenaires contributeurs (Belgique, Etats-Unis, Royaume-Uni...).
- En cours : le 4 avril 2004, les forces de la MICECI passent sous commandement de l'ONU dans le cadre de l'ONUCI.