Discours du Général NEVEUX, Commandant l'Etat-Major InterArmées de Force et d'Entraînement
" Monsieur l'Ambassadeur, mon général, Mesdames, Messieurs,
Ainsi s'achève la première phase de cette quatrième édition du cycle RECAMP, phase qui depuis 18 mois, des premières réunions préparatoires en France jusqu'à cette conférence finale de planification ici à Cotonou, a permis d'atteindre un double objectif :
1. le développement d'une indispensable capacité de planification opérationnelle.
2. la mise au point des conditions d'exécution de l'exercice Bénin 2004 qui nous réunira tous dans quelques mois.
Je me souviens qu'ici même, en présence de nombre d'entre vous, il y a presque un an, nous signions, le général DIARRA, Secrétaire général exécutif de la CEDEAO, le général AMOUSSOU, chef d'état major général des armées Béninoises et moi même le document fixant ce qu'on appelle les spécifications d'exercice. S'y exprimait une forte ambition : celle de développer au sein d'un ensemble sous-régional, communauté économique certes mais aussi communauté de destin, des capacités et des outils de gestion de crise.
Capacités de planification opérationnelle, tout
d'abord, cette fonction essentielle d'analyse et d'anticipation qui
prend une place croissante dans le processus
décisionnel.
Tel a été l'objet du séminaire
politico-militaire d'Accra et de la conférence
stratégique d'Abuja qui ont démontré au travers
d'une réflexion associant des responsables politiques et
militaires, au travers de la rédaction d'une directive de
planification s'inscrivant dans un projet politique et au travers de
l'élaboration d'un concept d'opérations, la
nécessité d'une approche globale et pluridisciplinaire
de la gestion des crises.
Dans ce cadre, une quinzaine d'officiers issus des Etats membres de
la CEDEAO ont travaillé sur une planification de niveau
stratégique. C'est une première. Noyau fondateur,
précurseur qui préfigure sans aucun doute des
développements futurs dans l'acquisition d'une autonomie de
décision et de commandement.
C'est pourquoi on peut être légitimement satisfait et
fier du chemin parcouru. Cet acquis, il faut maintenant le
préserver, le faire vivre, le développer encore.
Prochain objectif : l'exercice Bénin 2004 en novembre et
décembre prochain.
Le travail de fond effectué au cours de cette
conférence, mené de surcroît dans un excellent
esprit de coopération, laisse bien augurer de son
déroulement. Les instructions (EXPI) que nous allons signer
sont précises, pertinentes et complètes.
Dans ce cadre vont travailler et s'entraîner le niveau
opératif, expression sur le théâtre
d'opérations d'une volonté politique et d'une vision
stratégique et le niveau tactique, celui des composantes
terrestres, aériennes et maritimes. Un bataillon multinational
va être déployé sur le terrain. Tout n'est pas
pour autant réglé et j'invite tous les participants
à faire connaître les évolutions et l'état
de leurs contributions.
La journée de visite des hautes autorités politiques et
militaires du 9 décembre, que les français persistent
à appeler VIP DAY, recèle encore quelques incertitudes.
C'est un moment important, tout le monde en est conscient, tant la
présence de responsables de haut niveau témoigne de
l'intérêt porté au développement de
capacités propres de gestion de crise et de ses enjeux.
Tout doit donc être mis en oeuvre pour sa réussite.
Mais ce cycle n'est pas achevé que déjà se profile RECAMP V. Il faut d'ores et déjà y réfléchir. Tout en s'inscrivant dans l'esprit des éditions précédentes, RECAMP IV, vous le savez, a été novateur et a ouvert de nouvelles voies. Des capacités ont été acquises. Cette évolution doit être poursuivie et toutes les initiatives doivent être encouragées et coordonnées pour plus de synergie et d'efficacité dans l'action.
Dans ce cadre, il convient de continuer à promouvoir le rôle des ensembles sous-régionaux. Sans doute faut-il aussi s'appuyer sur les organisations internationales : l'Union Africaine est appelée à jouer un rôle de premier plan et, pour nous Européens, l'Union Européenne se doit d'être un acteur majeur. RECAMP est un concept vivant qui saura prendre en compte toutes les évolutions et les adaptations nécessaires.
Je conclus avant de céder la parole au général
Amoussou.
Représentants des douze pays de la CEDEAO,
représentants des pays contributeurs non-africains,
permettez-moi de vous féliciter et de vous remercier pour le
travail accompli et votre engagement permanent. Je ne crois pas me
tromper, différents contacts m'en ont convaincu, en disant que
les nombreux rendez-vous qui ont jalonné cette première
étape ont créé un esprit de camaraderie et de
solidarité. Puisse cette connaissance mutuelle se
développer encore. C'est une des conditions de
fraternité et de paix entre les peuples
Je ne saurais terminer sans remercier très chaleureusement nos camarades béninois qui, fidèles en cela à leur tradition, ont tout fait pour la réussite de cette conférence en lui apportant un soutien sans faille.
Merci à toutes et à tous, merci à toi mon général, so long. A bientôt. "