Cycle RECAMP IV

Exercice Benin 2004

Dernière mise à jour le 01/01/1970 à 01h00

Synopsis de l'exercice RECAMP IV

Sommaire

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Le synopsis de l'exercice RECAMP IV peut être téléchargé en cliquant un lien ci-dessous :

Buts du scénario

Le scénario décrit ci-après sert de support aux travaux de planification politico-militaire dès le stade du séminaire d'Accra. Il vise à permettre des échanges entre hauts responsables civils et militaires au niveau stratégique, puis une planification multinationale et interarmées basée sur un thème simple et réaliste mettant en jeu tous les éléments constitutifs d'une crise moderne : revendications territoriales, irrédentisme, querelles d'intérêt, problème de partage des ressources, trafics illicites, trafics d'armes, combattants irréguliers, enfants soldats, problèmes humanitaires.
Le scénario vise aussi à permettre le jeu des OI / ONG en coopération avec la force déployée.

Une carte de la zone fictive du thème figure en annexe

A. LE CONTEXTE.

  1. Trois pays en Afrique de l'Ouest : BLEU (capitale Savalou), ORANGE (capitale Cotonou), JAUNE (capitale Porto Novo) de taille similaire.
  2. BLEU, ORANGE, JAUNE ont des structures étatiques fragiles.
  3. ORANGE est toutefois sensiblement plus stable et développé que BLEU et JAUNE (en particulier pas de problème ethnique interne).
  4. BLEU et JAUNE ont une population multiethnique et possèdent chacun depuis la décolonisation une partie d'une province appelée VERT (chef-lieu traditionnel Abomey). Cette région transfrontalière est peuplée d'une même minorité ethnique VERT qui a établi des solidarités de part et d'autre de la frontière et tend à mettre en place un système d'autogestion parallèle de la province. La tendance lourde de la minorité VERT est la recherche par tout moyen de l'autonomie contre BLEU et JAUNE.
  5. ORANGE a un accès moderne sur la mer (port en eau profonde).
  6. JAUNE a un accès lagunaire à la mer, sans port majeur, difficile sans être impossible.

B. LES ORIGINES DE LA CRISE.

  1. BLEU et JAUNE commencent à exploiter la région, font venir des experts étrangers et construisent des installations pétrolières sensibles. Ayant intérêt à mieux contrôler la zone pour exploiter ces ressources, ils ont l'intention de lutter contre l'irrédentisme VERT, si nécessaire, en repoussant la minorité ethnique VERT hors de la zone.
  2. Le CICR et le HCR anticipent une crise potentielle en envoyant une délégation dans les capitales des pays BLEU et JAUNE.
  3. ORANGE, qui a un accès moderne sur la mer, est particulièrement intéressé par ces ressources qu'il pourrait à la fois exploiter et exporter s'il en avait la propriété : il a ainsi intérêt à soutenir la minorité ethnique de VERT contre les velléités de BLEU et JAUNE. Son objectif à terme est de renforcer autant que possible son influence sur la région VERT.
  4. La province VERT voit son identité et son début d'autonomie menacés. La branche armée du PIVERT (Parti Indépendantiste Vert) se lance dans une épreuve de force pour résister à la pression des gouvernements centraux de BLEU et JAUNE et accéder à la reconnaissance politique en tant qu'acteur incontournable dans la région. La branche armée du PIVERT manque d'armes, elle a donc intérêt à rechercher le soutien de ORANGE.
  5. Face à l'imminence d'un conflit en région VERT, le CICR envoie une sous-délégation de la délégation du pays BLEU à Abomey ; parallèlement, le HCR ouvre également une antenne à Abomey.
  6. ORANGE, sans s'engager ouvertement dans la crise, affiche initialement des sympathies envers le PIVERT et ne manifeste aucune réelle volonté de s'opposer au trafic d'armes alimentant ce mouvement, trafic qui emprunte diverses voies de communication sur son territoire (lagunes).

C. LA CRISE.

  1. JUILLET 2003 : BLEU et JAUNE envoient leurs armées, aux modestes moyens, combattre les rebelles de VERT. C'est la guerre, mais il n'y a aucune avancée militaire décisive et pas de vainqueur probable du fait de la faiblesse des moyens des belligérants qui sont contraints à employer des mercenaires et même des enfants soldats. Cette situation entraîne en outre l'apparition d'extrémistes armés (troupes dissidentes radicales) en BLEU comme en JAUNE qui s'arment et commettent des exactions en parallèle à l'action des réguliers BLEU et JAUNE. Ces extrémistes, d'abord tolérés, échappent vite à tout contrôle de BLEU et JAUNE et se mettent à agir pour leur propre compte.
  2. La population civile de VERT et des alentours se réfugie sur le territoire d'ORANGE qui n'a pas les ressources nécessaires pour assurer leur survie et s'en trouve par conséquent déstabilisé : désastre humanitaire, famines et épidémies.
  3. Les experts étrangers en région VERT, menacés, sont en majorité évacués. Les installations pétrolières sont laissées en quasi abandon, à l'exception de quelques équipes de veille technique encadrées par le reliquat d'experts étrangers.

D. VERS UNE LOGIQUE DE PAIX.

  1. BLEU et JAUNE sont affaiblis.
  2. ORANGE, déstabilisé et en réalité décrédibilisé par les conséquences de la guerre en VERT, a intérêt à ce que la crise soit résolue rapidement.
  3. VERT a perdu beaucoup d'hommes et craint un génocide de la part des troupes dissidentes radicales de BLEU et JAUNE.
  4. L'industrie pétrolière s'inquiète pour son avenir.

Toutes les parties à la crise ont désormais intérêt à signer un accord de paix.

  1. Une tentative de médiation de certains états membres de la CEDEAO échoue.
  2. Le conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO décide de saisir le Conseil de Sécurité des Nations Unies.
  3. La communauté internationale dénonce le désastre humanitaire et se mobilise.
  4. Le conseil de sécurité de l'ONU se réunit le 13 septembre 2003 et vote une résolution :
    • condamnant les exactions armées,
    • instaurant pour 6 mois un embargo sur les armes à destination des combattants de VERT et des forces armées nationales de BLEU, ORANGE et JAUNE,
    • nommant un représentant spécial du SGNU chargé d'aider les parties à conclure un accord de paix.
  5. Nomination par l'UA d'un représentant spécial chargé de suivre l'évolution de la crise.
  6. Nomination par l'UE d'un représentant spécial chargé de suivre de près la crise et proposer des voies d'action pour l'UE.
  7. Déploiement des ONG et des agences spécialisées des Nations Unies (HCR, HCDH, UNOCHA) en zone de crise.

E. L'ACCORD DE PAIX.

  1. Le 13 novembre 2003, sous l'égide de la CEDEAO et la facilitation de l'ONU, un accord de paix entre BLEU, ORANGE, et JAUNE est signé qui prévoit :
    • un cessez le feu entre les forces en présence,
    • le désarmement des rebelles de VERT et des autres combattants irréguliers (troupes dissidentes radicales BLEU et JAUNE, mercenaires et autres enfants soldats),
    • une meilleure représentation de la minorité de VERT dans les gouvernements de BLEU et JAUNE,
    • un accord sur l'exploitation des ressources pétrolière en VERT : sécurisation des installations pétrolières, royalties pour ORANGE qui assurera le transit par le passage d'un oléoduc sur son territoire,
    • le déploiement en VERT d'une force de stabilisation multinationale chargée de veiller au cessez le feu et au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion (DDR) des combattants,
    • le conseil de sécurité se félicite de cet accord par une déclaration présidentielle.

F. LE PROBLEME DE LA REGION VERT.

  1. Dans la province VERT, le chef du parti indépendantiste refuse d'appliquer les accords de paix signés par BLEU, ORANGE et JAUNE. La branche armées du PIV s'installe dans une logique de guérilla, générant une reprise du flot de réfugiés de VERT vers ORANGE. De plus, le parti indépendantiste menace de s'en prendre aux installations pétrolières.

G. LA SORTIE DE CRISE.

  1. A la demande de la CEDEAO, une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité est adoptée le 21 mai 2004:
    • rappelant sa résolution précédente condamnant le conflit,
    • saluant l'accord de paix,
    • renouvelant pour 6 mois l'embargo sur les armes,
    • autorisant pour 6 mois le déploiement en VERT d'une force multinationale de la CEDEAO, au vu de l'évolution de la situation humanitaire depuis la précédente résolution, afin :
      • d'imposer le cessez le feu (action sous chapitre VII),
      • de sécuriser les populations,
      • de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et le travail du personnel des Nations Unies présent sur place,
      • de surveiller l'application de l'embargo sur les armes,
      • de contribuer à l'instauration et au maintien de la sécurité jusqu'au remaniement des gouvernements de BLEU et JAUNE impliquant davantage la minorité VERT, et jusqu'à la mise en place des structures nécessaire à l'exploitation et au transport du pétrole dans les pays BLEU, ORANGE et JAUNE.
    • se félicitant de la nomination par le Secrétaire Général de son représentant spécial pour la région de VERT, chargé de coordonner l'action des agences onusiennes déployées sur le terrain (PNUD, HCR, HCDH),
    • se félicitant de l'implication de l'UA dans la gestion de la crise,
    • demandant au SGNU d'examiner dans deux mois la situation en vue de la mise sur pied éventuelle d'une opération destinée à prendre la suite de celle de la CEDEAO.

H. LA MISE EN PLACE DE LA FORCE MULTINATIONALE EST CONFIEE A LA CEDEAO.

  1. Le 24 mai 2004 la « commission de défense et de sécurité » de la CEDEAO se réunit pour débuter la planification de l'opération. Le travail est confié à un « groupe de planification stratégique » formé d'officiers membres des pays de la CEDEAO.
  2. Le 07 juin 2004 la « commission de défense et de sécurité » de la CEDEAO approuve le concept d'opération stratégique ainsi produit.
  3. Décembre 2004 : projection et début des opérations de la force multinationale de la CEDEAO

I. L'ACTION MILITAIRE.

  1. L'action militaire vise à protéger la population en mettant un terme aux exactions des différentes factions, à reprendre le contrôle des installations pétrolières, et partant à stabiliser dans l'urgence la région VERT pour y créer les conditions d'une sortie de crise durable.

J. LA SORTIE DE CRISE DURABLE.

  1. Le Conseil de Sécurité pourrait décider de créer une opération « multidimensionnelle »
    • comportant une composante de « police civile »,
    • déployant des observateurs militaires pour constater les éventuelles violations de CLF,
    • mettant en oeuvre une assistance pour la mise en place des structures économiques nécessaires à l'exploitation pétrolière, ainsi que des structures politiques stables,
    • se chargeant également de faciliter le retour des réfugiés dans leur région d'origine
  2. L'UE s'implique politiquement et financièrement dans la gestion post-crise.

Annexe : carte de la zone fictive du thème RECAMP IV.

 

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